“Ballotté, manipulé, automatisé, l’homme perd peu à peu la notion de son être.”

avril 22, 2008

Par Ambra Dyorne

Aujourd’hui mon ami serveur, nous allons apprendre le principe de la manipulation de l’inconscient par des suggestions d’idées.

Mon serveur ne répond pas. Il vient de renverser un café et nettoie. Je tourne à grandes envolées mon journal devant lui pour attirer son attention.

Regardons page 3 le titre du premier article :

Un an après, Sarkozy veut réformer et ignorer les sondages.

Donc un homme combatif qui avance, qui défend ses idées, qui ne pense pas à la popularité, par nature si volatile.

Regardons maintenant le titre du deuxième article.

Ségolène Royal et François Bayrou pensent déjà à 2012.

Donc deux personnes ambitieuses, focalisées sur la prochaine élection présidentielle, qui ne se soucient pas de l’intérêt des Français.

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Les oeillères du Figaro

avril 16, 2008

Par Ronny Dreome,

Ce mercredi, le Figaro inaugure sa nouvelle mise en page (légère). Le recto verso. En page 2, le grand portrait du jour. Aujourd’hui, c’est l’agent d’assurances de Saint-Quentin – alias le gentil Xavier Bertrand – qui s’y colle. Sympa à lire, et la photo est rigolote. Je ne peux m’empêcher (vilement) de me demander si le tronc de David Douillet (photo en page huit) est aussi grand que Xavier, des pieds à la tête.

La séquence politique est un peu plus équilibrée que les autres jours. Seuls 75% des articles sont consacrés à l’actualité de l’UMP. Et puisqu’il faut bien parler du PS, on relate longuement ses divisions, et la suspension du “provocateur” Charasse.

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Une oeuvre est-elle soluble dans le café du mardi matin ?

avril 15, 2008

Par Ambra Dyorne

En ce mardi matin, je vitupére contre mon journal préféré.
Que vois-je en première page ?
“L’oeuvre de Camille Claudel exposé au Musée Rodin”
Exposé sans e ? Quel est donc cet étrange plumage ?
Je demande à Pépin Hipulsige et à son amante ce qu’il pense de cet accord étrange.
Ils en ont la tartine beurrée toute retournée.

Saisissant son dictionnaire mental voilà ce que Pépin me dit :

“oeuvre, : nom féminin
Sens 1 Travail, activité. Synonyme activité Anglais work
Sens 2 Production artistique, littéraire. Ex Une oeuvre monumentale.”

Grave erreur du Figaro et mon titre est tout trouvé :

Une oeuvre est-elle soluble dans le café du mardi matin ?

Je fanfaronne quand soudain mon serveur intervient et voici ce qu’il me dit, entre deux verres nettoyés :
“Il y a une autre définition pour oeuvre”

Je m’exclame:
“Ah bon ?”

“Oui,
oeuvre, nom masculin
Ensemble des productions artistiques d’un artiste [Littéraire].”

Je me sens un peu idiot de m’être fourvoyé mais, en toute mauvaise foi, je décide de garder mon titre

Tout cela n’a pas vraiment d’importance.
La victoire de Silvio Berlusconi, l’homme au “sourire carnassier”, est “belle”.

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Le beau métier du jour, propriétaire du Figaro

avril 14, 2008

Par Pépin Hipulsige

Serge Dassault peut dormir tranquille : le Figaro du discipliné Etienne Mougeotte ne lui cherchera pas de poux sur sa tête dégarnie.

Preuve en est, l’article du jour (page 6), consacré au maire vieillissant de Corbeil-Essonnes, “par ailleurs propriétaire du Figaro, comme le mentionne justement l’auteur du papier. Sous le titre on ne peut plus sobre “Serge Dassault élu à la présidence de Seine-Essonne”, le journaliste rapporte avec une neutralité presque coupable -tant il y aurait à dire sur l’action politique du géronte- une actualité sans intérêt. Mais quand il s’agit de faire plaisir au patron, on est prêt à un petit geste. Et ce n’est pas Papy Mougeotte qui me contredira…

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Oublis, raccourcis, un mercredi ordinaire en somme…

avril 9, 2008

Par Ronny Dreome,

Quelle aubaine! Un « plan de départ volontaires pour les fonctionnaires ». L’information fait la une du Figaro. Il faut dire que transformer « le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux » en « plan de départs volontaires », ça aurait de la gueule

En une aussi, on apprend que François Fillon a été «offensif». Première nouvelle. Mais ce qui est plus étonnant, c’est que le Figaro fait mine de s’étonner dans ses pages politique que la motion de censure déposée par la gauche « n’a obtenu que 227 voix ». Nananère! En fait, rien de bien étonnant dans ce résultat. L’UMP dispose d’une majorité confortable à l’Assemblée et la solidarité au gouvernement est de mise.

Par contre, le Figaro ne fait aucune allusion aux tiraillements bien réels entre députés de la majorité face au revirement atlantiste de Nicolas Sarkozy. Les déclarations de Lionnel Luca, le député UMP des Alpes-Maritimes, qui lâchait par exemple que « si ce n’était pas le PS qui déposait cette motion de censure, je serais tenté de la voter », sont passées sous silence.

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Pris de cours (sic) par l’évolution du Figaro

avril 7, 2008

Par Cyrano Meproidan

Le Figaro change. Le Figaro change vite. Trop vite. J’avoue être “pris de cours” (sic), tel les producteurs des Ch’tis dans l’énième article consacré au film. Du reste, c’était la une du journal d’hier : la désormais fameuse photo couleur de la une pour nous dire que les Ch’tis ont dépassé La Grande Vadrouille en nombre d’entrées. De l’info, de la vraie ! Un peu comme cette demi-page sur “les descentes les plus dangereuses de France”, carte à l’appui ! Du Parisien qui ne dit pas son nom, en moins bien évidemment. Et l’édito ! Etienne Mougeotte qui chante les louanges de Nicolas Sarkozy, rien de nouveau, mais il faut savoir le faire avec style. Appeler à une “autre RGPP : Révision Générale des Pratiques Politiques”, c’est aussi populiste que pathétique.


Un organe de propagande officiel, simpliste et mercantile?

avril 4, 2008

Aujourd’hui je me suis livré à une petite enquête sans prétention mais dont les conclusions pourraient être affolantes si elles venaient à être confirmées (j’en appelle ici à la vigilance citoyenne). J’ai compté le nombre de fois que le nom de Nicolas Sarkozy apparaissait dans notre bien aimé (et bientôt regretté) journal ainsi que dans le Monde. Les résultats sont édifiants; le même jour, avec la même information à traiter, le Figaro mentionne 42 fois le nom du président dans ses 42 pages ( 40 fois sur 28 pages si on exclut le supplément et vous) soit une moyenne de un “Nicolas Sarkozy” par page contre 27 mentions pour 35 pages dans Le Monde (0,7 par page). Et ce sans compter les expressions du type de “le président de la République” ou autres…. Malgré la légèreté de cette “enquête”, on peut honnêtement se demander ce qui pousse les journalistes du Figaro à nommer les président une fois et demi plus que ceux du Monde ! Ce type d’observation mérite d’être reproduite.

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Vibrons ensemble aux poignants appels…

avril 2, 2008

Par Ronny Dreome

Le mercredi, c’est le jour des enfants. Ils n’ont pas école et ils rigolent bien. Ils vont au parc. Sans savoir qu’un homme, pendant ce temps là, veille.

Il veille sur eux, et sur chacun de ses concitoyens. Cet homme, c’est Nicolas Sarkozy. Et le mercredi, dans le Figaro, il passe des appels. L’appel peut être « poignant ». Ou « vibrant ». C’est selon. Sarko, un homme à poigne, et qui vibre avec ça. Dieu soit loué.

Parce que pendant ce temps là, la France va mal. A l’Assemblée Nationale, on débat sur l’Afghanistan et sur les OGM. Le premier sinistre François Fillon « annonce le temps des ‘économies partout’ ». Les temps sont durs.

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“Marie n’est pas un grain de sable : c’est un diamant. »

avril 1, 2008

Par Ambra Dyorne

Rendez-vous compte ?

Dans mon café habituel, il n’y a plus Le Figaro.

Toujours le Parisien, toujours l’Equipe et parfois Libération.

A mon inquiétude face à l’absence de mon quotidien préféré, pas de réponse vraiment, à peine un haussement d’épaule et une phrase lapidaire :

« Il faut changer monsieur. »

Me voilà donc obligé chaque jour de penser à acheter mon journal avant d’aller prendre mon café noir et ma tartine beurrée.

Le mardi, je souffre. C’est mon jour. Le jour où je dois écrire pour critiquer Le Figaro. Avant ce projet me paraissait une excellent idée, un coup de révolte nécessaire face à la dictature de l’ami Mougeotte. Une fois devant le mur, j’hésite. Je détourne mon regard, j’ai un peu peur.

Figaro, Figaro, je t’aime. C’est pour ton bien.

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Le Figaro se meurt, l’Observatoire naît

mars 31, 2008

Par Pépin Hipulsige

Jour J pour l’Observatoire du Figaro. L’idée de ce blog a jailli du virage éditorial du quotidien depuis que l’impayable Etienne Mougeotte en est devenu le directeur des rédactions. Trop de choses nous ont énervés pour que nous restions sans réaction.

Tout a commencé le jour où les pages internationales (peut-être les meilleures en France) ont été reléguées après la politique, ce qui n’est pas forcément un mal, mais qui est tout de même révélateur d’une hiérarchie renversée.

Les pages de publicité se sont multipliées, réduisant le cahier culture (“et vous”) à peau de chagrin. Parfois, l’appétit mercantile a été plus fort que la déontologie la plus élémentaire : rappelez-vous ces réclames innocentes invitant les lecteurs à visiter le site internet de Mouammar Kadhafi, en pleine visite du Guide lybien à Paris…

Autre facteur d’hallucinations : les papiers décomplexés des éditorialistes, au premier rang desquels Etienne Mougeotte, comparant Sarkozy à Kennedy et la “politique de civilisation” à la “nouvelle frontière” de la France, et Yves Thréard, s’enthousiasmant pour la “vigilance républicaine” dont faisait preuve le gouvernement en envoyant à 6h du matin 1000 policiers à Villiers-le-Bel…

Mais c’est la semaine dernière que des sommets ont été atteints. Pour nous, ce fut la goutte d’eau nous décidant à surveiller de près la manière de moins en moins professionnelle dont le journal d’Étienne Mougeotte traite l’actualité. Mardi, le Figaro consacrait trois pages à énumérer sans la moindre distance critique les heureux élus de la promotion de Pâques de la Légion d’honneur, se transformant ainsi en journal officiel. Jeudi, la une du cahier culture célébrait “la fièvre du disco”, à l’occasion de la sortie mercredi prochain du film Disco. Ne reculant devant rien, le quotidien se parait d’un rose affreux à l’intérieur de ses pages, modifiant sa maquette comme s’il s’agissait d’un événement de la plus haute importance. Enfin, vendredi, pour finir la semaine en beauté, le service politique interprétait (bidouillait) un sondage Opinionway de façon à le rendre plus favorable à Nicolas Sarkozy.

Face à ce déferlement scandaleux, nous avons décidé d’ausculter chaque jour le Figaro, à la recherche de ses écarts journalistiques, qui sont malheureusement devenus son quotidien.

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