Rachida en promo

Par Pépin Hipulsige

En dernière page du Figaro aujourd’hui, un portrait de Rachida Dati, ministre de la Justice. Encore un. Après tout ce que l’on a dit sur elle depuis un an, que peut nous apporter un nouveau portrait ?

Rien. Et c’est là le problème.

Il n’y a aucune raison de brosser une nouvelle fois le portrait de la Garde des Sceaux. On a déjà tout dit et tout vu sur elle. Certes, élue maire du 7ème arrondissement le 16 mars dernier, Rachida Dati a présidé son premier conseil municipal la semaine dernière. C’est la seule actualité capable de légitimer la rédaction de ce papier. Mais c’est une information si peu excitante que le journaliste lui-même (qui répond au nom prometteur de Bertrand de Saint Vincent) omet de la mentionner…

Qu’importe ! Au Figaro, c’est moins l’actualité qui commande la ligne éditoriale que les affinités électives de son hydre à deux têtes, Serge Dassault et Etienne Mougeotte. Les portraits de complaisance (un genre où excelle un autre grand quotidien… Direct Soir) sont le nouveau visage du journal à la manchette bleue.

Celui de Rachida Dati ne déroge pas à la règle. Voir le chapô, particulièrement agressif à l’égard de la meilleure amie du Président de la République : “Symbole éclatant d’une intégration réussie, star omniprésente et médiatique du gouvernement, Mme la garde des Sceaux suscite rumeurs, fantasmes et jalousies. Mais, sous la critique, elle ne plie pas. On la croit affaiblie, elle s’avance. Guerrière.” Rachida s’en relèvera-t-elle ?

En plus d’être mal écrit, faisant ostensiblement du style là où le talent réel ne se voit pas, l’article ne nous apprend rien. Terriblement vide, il rappelle les traits éculés de la ministre. L’enfance pauvre, l’ascension, la présence médiatique, le caractère, etc., etc., etc. Le papier semble dater de l’avant-présidentielle, quand la jeune femme, encore inconnue, fut nommée porte-parole de campagne du candidat Sarkozy.

Collection de clichés, d’adjectifs insignifiants à force de juxtapositions (“insaisissable”, “prudente”, “méfiante”, “exposée”, “surexposée”, “volontaire”, “frémissante et guerrière”, “déterminée”, “imperméable”, “professionnelle”), la dithyrambe n’en finit plus de vanter l’énergie d’une “ministre de combat”.

Répugnant de nullité, le Figaro devient l’outil de promo d’un gouvernement en manque d’amour populaire. Et si le peuple se détournait également du Figaro ? Oups, c’est déjà fait…

3 Réponses vers «Rachida en promo»

  1. C'est la faute à Voltaire à dit:

    Quelle violence ! Quelle fougue ! Mais quelle justesse !

  2. Sylvain à dit:

    Apparemment, Marianne.fr a lu comme Pépin:
    http://www.marianne2.fr/Le-Figaro-cire-les-pompes-de-Rachida-Dati_a86468.html?PHPSESSID=ebc79836e38832fd046f4cf5028e38ab

  3. La leçon du jour : comment faire un bon sondage? « Observatoire du Figaro à dit:

    [...] mode au Figaro, ce sont les portraits laudateurs. Mon ami Pépin avait analysé celui consacré à Rachida Dati. Vous vous délecterez sans doute du papier sur Catherine Pégard. Moi, je n’ai pas eu le [...]

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