Vibrons ensemble aux poignants appels…
Par Ronny Dreome
Le mercredi, c’est le jour des enfants. Ils n’ont pas école et ils rigolent bien. Ils vont au parc. Sans savoir qu’un homme, pendant ce temps là, veille.
Il veille sur eux, et sur chacun de ses concitoyens. Cet homme, c’est Nicolas Sarkozy. Et le mercredi, dans le Figaro, il passe des appels. L’appel peut être « poignant ». Ou « vibrant ». C’est selon. Sarko, un homme à poigne, et qui vibre avec ça. Dieu soit loué.
Parce que pendant ce temps là, la France va mal. A l’Assemblée Nationale, on débat sur l’Afghanistan et sur les OGM. Le premier sinistre François Fillon « annonce le temps des ‘économies partout’ ». Les temps sont durs.
Mais Nicolas, lui, en une du Figaro, passe un « appel poignant » pour Ingrid Betancourt. Bravache, le chef de l’Etat n’hésite pas: il « somme ses ravisseurs de relâcher l’otage franco-colombienne », selon la journaliste. Et décidémment très volontariste, notre président remet ça en page 5. Cette fois, c’est un « appel vibrant » qu’il adresse aux Farc. Rien que ça.
Finalement, c’est un coup habituel que nous ressort le Figaro. Un gouvernement qui se débat dans le marasme économique, et un président bien au dessus de cela. Sur la scène internationale, Sarko s’élève et joue à Superman. Non pas qu’Ingrid Betancourt ne mérite pas qu’on la sorte de là. Mais la personnification à outrance d’une cause, celle des otages des Farc, pose déjà problème. Que dire alors si la libération de Betancourt se résume à une seule personne, Nicolas Sarkozy, et à ses appels? Le Figaro ne semble apparemment pas gêné d’ouvrir ainsi ses colonnes.
C’est bête, parce que le Figaro avait fait un bon journal jusque là. Un petit oubli est vite corrigé grâce à Francis, attentif, qui a pris sa plume pour écrire au courrier des lecteurs. Il relève la proposition de François Fillon d’accorder le statut de « réfugiés politiques » aux membres des Farc emprisonnés en Colombie. Et se demande d’où vient cette générosité, celle de « remercier des preneurs d’otages en accueillant des révolutionnaires marxistes ».
Parce qu’on l’aime bien, on pardonnera au Figaro un titre aussi énigmatique que « Jean-Paul II plus populaire que jamais ». Après lecture attentive, votre serviteur ne relève comme fan inconditionnel de J-P II que son successeur, le doux Benoît XVI.
Et avant de retourner à l’école demain, voici le bon point de la journée: cette info du Figaro, qui a fait le tour des médias toute la journée: l’état français se serait engagé à payer les 6,3 millions d’euros dûs aux parties civiles dans l’affaire de l’Arche de Zoé.